32 ans après avoir été l’attaquant du Fc Nantes, Coach Vahid est de retour comme entraîneur. Mais qui est ce bosnien qui fait peur aux joueurs, aux arbitres et aux présidents de clubs ?

 

Sa carrière d’entraîneur avait débuté en L2 à Beauvais en 1993, alors qu’il venait de fuir la guerre de Bosnie où il était menacé de mort. A la fin de la saison, il quitte le club de l’Oise, en désaccord avec ses dirigeants. Le coach avait déjà une « grande gueule ». S’en suivent deux années de chômage puis deux saisons au Raja Casablanca, club avec lequel il remporte deux championnats et une ligue des champions africaine. En septembre 98, alors que l’ennemi voisin, Lens, vient d’être nommé champion de France, il prend la direction de du Losc, au fond du trou, 17ème de Ligue 2. Huit mois plus tard, l’équipe termine aux portes de la Ligue 1.
La saison suivante (1999-2000), Lille bat le record de points du Championnat. Le LOSC est promu en D I et termine sur le podium pour son retour dans l’élite. La quatrième et dernière saison lilloise se termine par une 5ème place.
Libre après ses quatre saisons dans le nord, il signe au Stade Rennais. Comme à Lille, il prend en charge une équipe à la dérive et la redresse. Une saison plus tard, il est appelé par le PSG pour remplacer Luis Fernandez. C’est un nouveau succès : le Paris-SG termine à seulement trois points de Lyon ; il remporte la Coupe de France, son premier trophée depuis six ans. La deuxième saison à Paris sera plus compliquée. Une partie du vestiaire se braque contre le bosnien et les rapports avec la direction se sont distendus. Le 8 février 2005, il dirige son dernier match en Ligue 1, contre Lens, au Parc des Princes (0-2) et se fait remercier.
Ensuite, Vahid Halilhodzic surfera avec plus ou moins de bonheur sur la vague de plusieurs clubs étrangers : octobre 2005 à juin 2006, Trabzonspor Turquie) – juillet 2006 à novembre 2006, Al Ittihad Djeddah (Arabie saoudite) – mai 2008 à février 2010, sélection Côte d’Ivoire – août 2010 à mai 2011, Dinamo Zagreb (Croatie) – juillet 2011 à juillet 2014, sélection Algérie – juillet 2014 à novembre 2014, Trabzonspor (Turquie) – mars 2015 à avril 2018, sélection Japon.
13 ans plus tard, Coach Vahid va donc œuvrer dans le club où il avait éclaté comme attaquant de 1981 à 1986.

Vahid Halilhodzic, c’est surtout un tempérament bien trempé, qui fait peur aux présidents de clubs. Hier, en conférence de presse d’intronisation, à un journaliste qui posait la question de savoir si les caractères du président et de l’entraîneur étaient compatibles, Waldemar Kita s’est énervé en traitant le journaliste de « provocateur » et en ajoutant « Il faut arrêter les polémiques, c’est un manque de respect à mon égard. », une façon de refuser d’entrer dans le débat.
Certains présidents ont pourtant réussi à cohabiter un certain temps. Comme Francis Graille (PSG) : « Je le connaissais et je n’ai privilégié que ses qualités : son travail, son sérieux et son engagement. C’est une personne fiable, obstiné, qui exige des autres le même rythme de travail. C’était plus important que, non pas son côté diva, mais son besoin de reconnaissance. Avec lui, il faut que les choses soient claires dès le départ. »

Lors de la conférence de presse, Coach Vahid a déjà planté les contours de la cohabitation : « C’est difficile à Nantes, je sais que je peux être viré dans quelques mois, mais je n’ai peur de rien. Peut-étre qu’il y aura des conflits, peut-étre pas. »
En tout état de cause, on lui souhaite de réussir à faire remonter très vite dans le classement les Canaris, le Fc Nantes n’aura certainement pas les moyens de se payer un troisième entraîneur dans la même saison …