Il y a comme une forme d’indécence dans l’actualité du Fc Nantes. Alors que nous venons d’apprendre qu’un corps a été récupéré dans l’épave de l’avion et qu’il est en cours d’identification et que la famille d’Emiliano attend avec impatience de savoir pour pouvoir peut être enfin faire son deuil, en coulisse, l’heure est déjà aux discussions mercantiles…

Selon le journal l’Equipe, le FC Nantes aurait envoyé au club de Cardiff City une première facture de 6 M€ pour le transfert d’Emiliano Sala (qui s’élève à 17 M€, sans les bonus). Joint hier soir, le président de Cardiff City, Mehmet Dalman, a confirmé l’existence de cette facture en ajoutant qu’il était trop tôt pour faire des commentaires. « La première des choses, c’est que le corps n’a pas encore été récupéré. Nous devons montrer du respect à la famille. Il y a le processus de récupération de l’avion ».

Dalman a cependant sous-entendu que son club assumerait le paiement du transfert. : « Je ne pense pas que le club de Cardiff a dit qu’il n’allait pas payer », a-t-il indiqué.

Selon l’antenne galloise de la BBC, Nantes menacerait Cardiff d’une action en justice pour obtenir le paiement du transfert d’Emiliano Sala et aurait donné dix jours aux Bluebirds pour verser l’argent. Sollicités hier soir par le quotidien sportif, les dirigeants du FC Nantes n’auraient pas donné suite.

Bordeaux, qui devait toucher 50% de la transaction, est également déjà venu aux nouvelles, tandis que Cardiff, joue la montre, prétextant attendre les conclusions de l’enquête pour savoir s’il y a eu négligence dans l’opération de transport du joueur.

Comme on pouvait le lire sur France Football cette semaine, Il est possible que nous ne soyions qu’au tout début d’un processus judiciaire qui sera aussi long que pénible pour les proches des victimes, et qui n’aura rien d’édifiant. Et devant quels tribunaux d’ailleurs ? Les sommes en jeu sont considérables, pour Cardiff comme pour Nantes – ou Bordeaux –, la jurisprudence inexistante et les points d’interrogation sont si nombreux qu’on voit mal comment on pourrait échapper à un sordide feuilleton juridique particulièrement long, dans lequel il ne faudra pas oublier que deux hommes sont morts dans des circonstances cauchemardesques.
Entre émotion et pragmatisme, c’est ça le foot business…