Alors que les recherches pour retrouver l’avion qui emmenait Emiliano Sala à Cardiff ont été une nouvelle fois interrompues hier soir, les chances de le retrouver vivant sont malheureusement devenue quasi nulles. Retour sur cette terrible histoire qui s’est déroulée en 10 actes et qui va nous empêcher de dormir encore bien longtemps …

 

Acte 1 : Début septembre, Waldemar Kita se dit prêt à réfléchir à une prolongation de contrat assorti d’une revalorisation de salaire pour Emiliano Sala qui ne gagnerait que 45000 euros par mois, là où d’autres au club émargent à hauteur du double en se la jouant cool dans le loft.

Acte 2 : Or, début novembre, le dossier est toujours au point mort. Quelque chose bloque dans le dossier de prolongation du contrat de celui qui fait un bien fou au Fc Nantes car depuis l’arrivée de Vahid Halilhodzic, Sala a retrouvé tout son potentiel et plus encore au point de s’être hissé au deuxième rang des buteurs derrière Mbapé et devant Neymar.

Acte 3 : Fin novembre, alors que se profile à l’horizon l’ouverture du mercato hivernal, les supporters du FC Nantes commencent à serrer les fesses de peur de voir partir précipitamment Emiliano Sala. On apprend alors que le président nantais a entrepris une vaste opération de lobbying afin de tirer partie des retombées médiatiques positives qui pleuvent sur son attaquant qui est devenu en quelques semaines le joueur le plus bankable de l’effectif.

Acte 4 : Début décembre, l’opération de lobbying porte ses fruits, la Premier League (Fulham, West Ham, Crystal Palace, Everton, Wolverhampton, Cardiff City) se montre intéressée et les premières propositions aux alentours des 15 millions d’euros arrivent sur le bureau du président. On commence à se poser des questions sur les dommages collatéraux d’un départ, notamment au niveau des relations entre le président qui veut vendre et l’entraîneur qui veut garder son seul réel atout offensif.

Acte 5 : Le 18 décembre, on apprend que Waldemar Kita, en s’appuyant sur plusieurs intermédiaires anglais, étrangers au joueur, serait arrivé à un accord de principe avec le club de Cardiff City, autour d’une indemnité de 20 M€ hors bonus. Sala ne voit pas d’un bon œil les négociations discrètes avec un club dans lequel il n’a pas, à priori, l’envie de poser ses valises. Sala n’est pas pressé, un départ en juin 2019, dans un club qu’il aurait choisi pour le challenge sportif lui conviendrait mieux.

Acte 6 : Fin décembre, Vahid Halilhodzic menace à demi-mots. L’attaque nantaise est devenue « Sala dépendante », un départ cet hiver signifierait l’abandon des ambitions européennes du club. Le coach commence à faire savoir qu’il ne cautionnera pas un départ cet hiver, lui aussi persuadé que l’été serait un moment plus opportun.

Acte 7 : Début janvier, on apprend que le président du FC Nantes a décidé d’impliquer le très influent agent Willie McKay pour tenter de vendre au meilleur prix son attaquant. Willie McKay est très proche de plusieurs clubs de Premier League dont Fulham et Cardiff City, intéressés par le transfert de l’attaquant nantais. Quelques jours plus tard, Willie Mc Kay est aperçu dans les tribunes de la Beaujoire avec le boss de Cardiff City. L’opération de transfert est en train de se concrétiser et c’est le fils de Mc Kay, Mark, qui serait aux manettes du transfert.

Acte 8 : Dans la nuit du 17 au 18 janvier, poussé par le club, Emiliano Sala a multiplié les échanges avec les différentes parties pour enfin parvenir à un accord au petit matin. En multipliant le salaire du joueur par 6 sur la base d’un contrat de 3 ans et demi, le club gallois parvient à ses fins. Le Fc Nantes touchera pour sa part 17 millions d’euros plus 2 millions de bonus, somme qui devra être partagée avec les Girondins de Bordeaux.

Acte 9 : Samedi 19 janvier, Halilhodzic, qui est loin des considérations marchandes de ses dirigeants, sait qu’il vient de perdre son principal atout pour faire terminer le FC Nantes à une place honorable. Le bosnien réfléchit à l’opportunité de claquer la porte, échaudé par les départs, dans son dos, de Sala, Mbodji et Miazga. La relation de confiance entre l’entraîneur et le président est entamée. Halilhodzic s’est fait confirmer par Sala que la décision de ce transfert venait bien de la direction, là où Waldemar Kita avait toujours prétendu que c’était à l’initiative du joueur que l’opération avait été menée. L’ex-nantais de 28 ans atterri donc précipitamment à Cardiff pour la visite médicale d’usage et la signature de son contrat.

Acte 10 : Parti comme un malpropre, Emiliano Sala, sans que Waldemar Kita n’en soit informé, revient à Nantes le lundi 21 janvier pour dire adieu à ses copains de la Jonelière, récupérer quelques affaires personnelles et régler la situation de son chien. C’est Nicolas Pallois, son pote, qui le raccompagne le soir aux portes de son « coucou » (qui selon les tabloïdes anglais appartiendrait à la famille McKay). Sala est effrayé à l’idée de faire le trajet retour. Un terrible pressentiment qu’il fait partager en live à ses amis et à sa famille via la messagerie WhatsApp.
1h30 plus tard, l’avion disparaît des radars. Fin de l’histoire. Le Fc Nantes va empocher les 17 millions d’euros, va en rendre la moitié à Bordeaux, Cardiff va faire jouer son assurance et Emi ne sera plus que dans nos cœurs… Le foot business a quelque chose de dégoûtant …
#PrayForSala