Les funérailles d’Emiliano n’ont pas encore eu lieu mais les histoires de gros sous parasitent le moment de recueillement.

 

Le conflit peut durer. Cardiff ne semble pas pressé de régler au FC Nantes la première échéance du transfert d’Emiliano Sala, dont le montant total est de 17 millions d’euros. Pourtant, la transaction a bien été enregistrée, peu de temps avant la disparition de l’avant-centre argentin, par le biais du traitement informatique ITMS (International Transfert Matching System) de la FIFA. Le club gallois n’a aucune raison de retarder le paiement, car les conditions de son décès n’ont rien à voir avec son transfert.
Si Cardiff ne s’exécute pas rapidement, le FC Nantes devra à nouveau relancer son débiteur, avant de saisir la commission du statut du joueur de la FIFA, compétente dans ce type de dossiers entre deux clubs.

Si Cardiff ne réglait pas sa dette, il pourrait alors être traduit devant la commission de discipline de la FIFA, habilitée à sanctionner les clubs. Avec un éventail de peines très large, où il peut même être question de retrait de points ou d’exclusion d’une compétition.

Le club de D3 espagnol, Playas de Calviá, qui avait accueilli le joueur, avec d’autres Argentins, quand il avait 17 ans, réclame maintenant également sa part du gâteau. Interrogé par le journal Última Hora, le président du club, Armando Pérez Costas, confirme : « Si la réglementation internationale relative à la formation des joueurs s’applique, nous sommes en droit d’être indemnisés. Nous souhaitons donc que nos services juridiques contactent la FIFA et vérifient si tout cela est possible… »

Emiliano Sala est passé au Playas de Calviá, aux Baléares, par le truchement du Proyecto Crecer, le club que soutiennent les Girondins de Bordeaux, en Argentine. Les Girondins de Bordeaux qui ont d’ailleurs été les premiers à réclamer leur du, soit 50% de la somme touchée par le Fc Nantes (Un pourcentage très au-dessus de ce qu’il se fait ordinairement).

On peut malheureusement craindre qu’une fois les funérailles organisées, la guerre éclate entre les quatre clubs, le Fc Nantes, Cardiff, les Girondins de Bordeaux et Playas de Calvia, qui réclament leurs millions…

Daniel Ribero, le président du club San Martin de Progreso, d’où est originaire Emiliano, a pointé du doigt hier, sans les nommer, les vautours : « Que la douleur de la famille et des proches serve au moins aux dirigeants, représentants, et tous les intermédiaires du football professionnel. Cet accident était parfaitement évitable. Il n’y a pas que l’argent dans la vie… »