Et si Sergio Conceiçao se cassait le nez à Porto ?

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Le supporter nantais n’est pas réputé méchant, mais secrètement, l’envie de voir Sergio Conceiçao échouer au FC Porto est certainement enfouie dans de nombreux esprits.

France Football consacre aujourd’hui un article bien documenté sur l’avenir immédiat du technicien portugais. Conceiçao a tellement la bougeotte que ses plus longues expériences sur un banc restent les deux premières, à Olhao et Coimbra : un an et quelques jours! La plus courte, la dernière, avec les Canaris.

À quarante-deux ans, voilà Conceiçao de retour dans une maison qu’il connaît bien. En apparence du moins. Beaucoup de choses ont changé depuis le temps où il y opérait comme ailier (de 1996 à 1998, puis en 2004). Pas mal de ses pensionnaires, dont l’homme à tout faire Antero Henrique, désormais au PSG, l’ont quittée, et l’impressionnante armoire à trophées commence à prendre la poussière. Entre la date du dernier titre remporté par Porto (Supercoupe du Portugal 2013) et l’annonce de l’arrivée de Conceiçao, trois ans, neuf mois et vingt-neuf jours se sont écoulés. Le président Da Costa n’avait jamais vécu ça. Et, pendant ce temps, le Benfica a remporté, pour la première fois, quatre titres d’affilée.

Durant sa carrière de technicien, les rapports avec ses dirigeants ont parfois été tendus. « Je sais que ce n’est pas facile de travailler avec moi » avoue l’ancien nantais, « mais, à la fin de la saison, j’ai réussi à tirer le maximum de mes joueurs. »

Le challenge est désormais tout autre. Tout d’abord, à Porto, il devra jongler avec les émotions. Y compris les siennes. Son retour au pays est censé lui permettre d’être aux côtés de son épouse, souffrante, et de ses enfants, dont le plus jeune n’a pas encore trois ans. C’est beau, l’amour.
Mais c’est à double tranchant. Conceiçao a justifié son retour au Dragon justement par «amour». Le natif de Coimbra sera le quinzième ancien joueur du FCP à l’entraîner. Son prédécesseur, Nuno, ancien du club lui aussi, avait inventé la formule «Somos Porto» (Nous sommes Porto). On connaît le résultat. Il n’y en a pas eu.
De plus, au lendemain de la présentation de Conceiçao, une autre officialisation a secoué le club. Les Dragons ont été sanctionnés par l’UEFA pour non-respect du fair-play financier. Outre une amende de 700000€ (qui pourrait monter jusqu’à 2,2 M€), le FCP ne pourra inscrire que vingt-deux joueurs en Coupe d’Europe la saison prochaine. Le nombre habituel (vingtcinq) ne sera rétabli, au mieux, qu’en 2019.
Du coup, le FC Porto a anticipé et budgété pour son exercice comptable 2016-17 un sacré pécule venu des transferts, 155,7 M€ en vente de joueurs. André Silva, qui a rejoint l’AC Milan pour 38 M€ hors bonus, a ouvert la voie. Pinto da Costa a été clair: « C’est pour ça que j’ai choisi Sergio, pour faire une équipe compétitive avec les joueurs que nous aurons. »
La plus grande difficulté du portugais sera donc de construire un effectif. Beaucoup de joueurs vont partir, certains ont des salaires importants. Il va devoir cibler ceux qu’il veut, composer avec des jeunes et demander des joueurs à ses dirigeants pour trouver un équilibre.

L’ancrage portiste de Conceiçao suffira-t-il à contenir la frustration des socios? C’est toute la question posée par le retour de l’enfant prodige.

 

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