FC Nantes : 5 pages pour Valentin Rongier !

Cela faisait longtemps qu’un joueur nantais n’avait pas été mis à l’honneur dans la presse nationale.

Valentin Rongier, dans le cadre d’une longue interview publiée par France Football, bénéficie ainsi d’une couverture de 5 pages sur l’hebdomadaire dédié au football. Un entretien exclusivement axé sur son ressenti au cœur du jeu nantais. Ceux qui attendaient quelques révélations au sujet de son avenir seront déçus.

En substance :

Le FC Nantes a la plus faible possession de balle cette saison, où est le plaisir ?
J’essaye de m’adapter, de travailler différemment. Je n’ai pas le ballon trois cents fois dans un match, je dois l’utiliser du mieux possible. Je ne veux surtout pas le perdre quand je l’ai, et je me concentre là- dessus. Le foot, dest un plaisir. Et même s’il y a des enjeux économiques, des enjeux pour les supporters, je garde ce plaisir-là, et c’est ce qui me permet de jouer libéré.

Le plaisir dans tout ça ?
J’apprends à prendre du plaisir seulement dans la victoire, dans le fait d’être fort défensivement. Tous, ici, vous diront la même chose. Je préfère gagner un match avec une prestation collective moyenne plutôt que perdre en ayant bien joué. Je ne me fais jamais chier sur le terrain ! Après, des matches où on gagne 1-0 alors qu’on n’a pas eu le ballon et qu’on a procédé seulement en contre, forcément, ce n’est pas comme ça que je prends du plaisir. Mais, comme on gagne, je suis obligé d’en prendre.

L’attente des supporters ?
Les gens sont contents et fiers de nous parce qu’on a des résultats. Ils oublient que Nantes n’est pas l’équipe la plus spectaculaire de L1.

Le jeu à la nantaise ?
Chez les jeunes, on nous le rabâche. Et la façon dont on nous apprend à jouer, c’est comme ça, les redoublements de passes, libérer le ballon rapidement, jouer dans les espaces, faire les meilleurs choix, et ça se rapproche de ce qui se faisait avant. Maintenant, en pro, c’est différent, on a une autre identité, avec des coaches qui ne souhaitent pas la même chose. Nous, on n’y peut rien, on est obligé de s’adapter. Et ça fonctionne aussi très bien.
Quand tu gagnes, tu oublies tout le reste. On est jugé uniquement sur les résultats. Alors, oui, le beau jeu… Si on jouait de façon magnifique et qu’on était vingtième, on parlerait de nous seulement en mal pour nous dire d’arrêter de ressortir le ballon proprement et d’être d’abord solide défensivement. On n’est pas du tout vexé de ce qui se dit. On sait qu’on est critiqué pour notre jeu. Mais on est cinquième. C’est la réalité du terrain et la réponse.

Claudio Ranieri ?
On bosse avec le coach depuis six mois, ça prend du temps. Il a une manière très particulière de voir le foot. Tous les jours, il nous apporte sa science et son savoir-faire. C’est vrai que, parfois, sur le terrain, on sent qu’on pourrait faire plus, mais on se rappelle qu’il a envie qu’on soit bien solide derrière et qu’il ne faut donc pas trop se projeter car on peut vite s’exposer.
Derrière, il veut qu’on joue à l’italienne et devant à la française ou à la brésilienne. Il veut qu’on apporte notre folie sans forcément nous guider. En revanche, il veut qu’on défende comme lui nous l’apprend.

Modèles ?
Marco Verratti, il arrive à prendre des risques dans des zones où moi je n’oserais pas. C’est aussi à force de le faire qu’il en a pris l’habitude. Moi, je n’ai pas suffisamment d’expérience, mais je prends du plaisir à le regarder et j’aimerais bien faire pareil de temps en temps.

Regrets ?
Avec mes principales qualités, je pourrais plus et mieux montrer mon jeu de passes dans une équipe qui a plus le ballon, c’est une certitude. Mais je progresse sur d’autres aspects, et ça va m’aider. Certaines équipes arrivent à jouer le foot que j’aime en étant performantes. Manchester City, ça joue un football, pouah (admiratif), c’est rodé. Le Barça, même si c’est moins le cas qu’à une période, pareil. Les grosses équipes, ça joue au ballon. Donc, la vision du beau football n’est pas dépassée. Si je jouais à Manchester City, je prendrais un petit peu plus de plaisir qu’à Nantes. Ils ont plus le ballon et ça joue plus. Mais ne vous inquiétez pas, j’en prends aussi beaucoup à Nantes.

 

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