Il ne reste que quatre journées de championnat, le FC Nantes occupe toujours une place virtuelle de prétendant à l’Europe mais les rapports entre le président et son entraîneur n’ont jamais été aussi distendus.

 

Chaque jour qui nous rapproche du 19 mai, date de la remise des fleurs, est une journée émaillée d’une petite phrase ou d’un signe prouvant que Claudio Ranieri vit ses dernières heures à Nantes.
Alors que le Mister a snobé l’anniversaire des 75 ans du club en se rendant à Londres, la réaction du président fut sans équivoque : « Peut-être qu’il avait ses obligations, qu’est- ce que vous voulez que je lui dise ? » a tonné cette semaine Waldemar Kita, interrogé par le journal l’Equipe. « Pour moi, ce n’est pas professionnel d’agir ainsi, venir à une telle réception c’est une obligation. Je ne vais quand même pas le prendre par le bras pour le forcer venir s’il a prévu autre chose ! II m’a dit : « Je dois partir », je lui ai dit : « Mais je vous avais dit qu’il fallait venir. » …

Contrairement à ses précédentes expériences concluantes (deuxième avec Monaco en 2014, champion avec Leicester en 2016), Claudio Ranieri se prépare à quitter la Loire-Atlantique sans paraître se soucier de laisser une trace, voire des regrets. Une attitude rebours de ses manières impeccables, de cette forme de déférence qu’il pouvait afficher à son arrivée.
A-t-il renoncé sous le double effet des promesses de recrutement qu’il estime non tenues et de la possibilité d’engager ailleurs un dernier défi d’envergure, à soixante-six ans ? Comme le signale ce matin le journal l’Equipe qui consacre une page entière au mystère du Mister … C’est le sentiment général en Ville, où le couple Ranieri vit très discrètement au dernier étage d’une résidence où le nom de monsieur n’apparaît pas sur la sonnette. Mais surtout la Joneliére, où un employé explique : « On a l’impression qu’il a lâché au fur et à mesure de la saison, et l’absence aux 75 ans du club, c’est une faute de goût, une marque d’inélégance de la part de quelqu’un de pourtant très raffiné. Cela ne lui correspond pas. Comme s’il partait en roue libre. »

Pour la petite histoire, comme s’il était nécessaire d’en rajouter une couche, en 2018, Claudio Ranieri n’est allé superviser qu’une seule fois la réserve nantaise. Quel détachement ! Mercredi dernier, la séance d’entrainement huis clos, achevée sur un travail devant le but, n’a pas duré une heure. Et l’entraîneur a été le premier à quitter l’aire de jeu. Celui qu’on sait très à cheval sur les horaires cherche certainement à préserver la fraîcheur de son groupe. Mais Franck Kita, le directeur général délégué du club, arrivé de Paris au cours de cette courte session, l’a peut-être perçu différemment.
Claudio Ranieri affirme qu’il honorera sa dernière année de contrat à Nantes mais le président semble ne plus le souhaiter, tout comme vous d’ailleurs, qui avez massivement répondu « stop » à un de nos récents sondages.
A Nantes, les histoires d’amour se terminent mal, en général.