Les enquêteurs du Bureau d’enquête britannique sur les accidents aériens (AAIB) ont annoncé hier qu’une opération sous-marine pour récupérer le corps coincé dans la carlingue de l’avion va être engagée.

 

« Si nous réussissons, nous examinerons la possibilité de récupérer l’épave de l’avion. », ont-ils annoncé dans le même communiqué.

En attendant, le journal l’Equipe a recueilli l’avis de Xavier Tytelman, expert en aéronautique formé au sauvetage en mer, ancien détecteur et navigateur de l’aéronautique navale, qui a participé à de nombreux sauvetages, sur les circonstances supposées du crash et ses conclusions font froid dans le dos.
Pour le spécialiste, la forme vrillée de la carlingue écarte l’idée d’une tentative d’amerrissage : « Avec ce type d’avion, c’est très improbable. D’expérience, je ne connais qu’un seul cas d’amerrissage réussi avec ce genre d’appareil. C’est un commandant d’Air France, et instructeur de surcroît, qui était aux commandes. Il avait à ses côtés sa femme, qui était hôtesse de l’air. Ils ont tout anticipé : lui a assuré l’amerrissage et elle a distribué les gilets de sauvetage et ouvert la fenêtre. Il faut savoir que ce type d’appareil, une fois posé sur l’eau, coule en moins d’une minute, contrairement à un gros avion de ligne, qui flotte des heures et des heures.
Ça signifie que si ses occupants ne se sont pas préparés, ils se retrouvent au fond de l’eau avant d’avoir pu réagir. Parce que si la porte ou la fenêtre ne sont pas ouvertes, c’est déjà trop tard.

S’il s’était agi d’un vol commercial, cet appareil n’aurait pas été autorisé à voler de nuit et aurait aussi disposé d’un certain nombre d’équipements de survie à bord. Là, on ne sait même pas s’il y avait des gilets de sauvetage. Sur un vol commercial, un GPS doit avoir deux alimentations électriques, pas sur un vol privé. Si l’avion a tapé la mer à 150 km/h, alors ils n’avaient aucune chance de s’en sortir. Je pense que l’impact a été violent parce qu’on a récupéré des coussins qui flottaient assez loin de l’épave.
De toute façon, un amerrissage préparé et réussi n’aurait probablement rien changé quant aux chances de survie. Quand j’étais dans l’aviation navale, j’ai fait un stage de survie. Nous étions dans une eau plus chaude que celle de la Manche et nous avions des combinaisons. Et pourtant, au bout de deux heures, nous étions tous en hypothermie. Pour moi, au moment où les recherches ont commencé, il n’y avait déjà plus aucune chance de retrouver vivants le pilote et son passager. »

Terrible conclusion. On espère juste qu’Emiliano n’ait pas eu trop le temps de comprendre ce qui lui arrivait…