Mercato FC Nantes : Waldemar, montre-moi ton côté tendre

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On peut toujours critiquer un président sur sa gestion de club, mais il y a un point sur lequel Waldemar Kita est inattaquable. L’homme est fondamentalement bon et attachant.

Dans une interview du président nantais accordé au journal Libération, une petite phrase a retenu notre intention.

Oswaldo Vizcarrondo, le défenseur vénézuélien, mis à l’écart par Conceiçao, a signé librement un nouveau contrat avec Troyes en juin dernier. Waldemar Kita explique les coulisses de ce transfert : « J’aime les joueurs. Je ne le cache pas. Ils font des choses… attachantes. On a laissé partir libre à Troyes le défenseur vénézuélien Oswaldo Vizcarrondo, qui était chez nous depuis 2013 : lui et sa femme m’ont écrit une lettre de remerciement de trois pages. Trois pages ! – La première fois que je vous ai rencontré, c’était au Fouquet’s avec celle qui allait devenir mon épouse, je n’avais pas encore d’enfant, etc. – Il m’a expliqué combien le FCN avait bouleversé sa vie, combien le club l’avait accompagné sur les plans personnel et professionnel toutes ces années. La lettre ne quitte plus mon bureau. »

Un côté « bon père de famille » qui lui a certainement joué des tours dans sa carrière et pas plus tard que les six derniers mois quand il s’est laissé « avoir » par Sergio Conceiçao.

Plutôt que de rester « colère », le président Kita continue pourtant d’encenser celui qui lui a fait à l’envers : « J’ai bien aimé l’homme. A la fois enfant gâté, parce qu’il faut savoir qu’il a signé sa première licence de joueur professionnel au FC Porto, mais aussi avec des manques : la misère quand il était enfant, une mère disparue très tôt, son père qui se tue en moto au moment où son fils passe pro.
Il a fait la révolution à Nantes. A chaque entraînement, il exigeait un médecin et deux kinésithérapeutes sur le bord de la touche. C’est le premier que j’ai vu faire ça. Il fallait aussi deux personnes pour ramasser les ballons quand ils sortaient du terrain d’entraînement, pour accélérer le rythme. Vous trouvez que c’est un détail, vous, le fait qu’un entraînement soit rythmé ? C’est le foot ! Quand je suis arrivé à Nantes en 2007, j’ai demandé que les joueurs prennent le petit-déjeuner ensemble. Je me suis fait assassiner. Conceição a imposé les petits-déjeuners en commun. Et les repas de midi : on arrive ensemble, on mange ensemble et on quitte la table ensemble. On ne boulotte pas en dix minutes comme si on était dans un claque. Il a aussi séparé le réfectoire des jeunes de celui des pros : pas question de mélanger. Vous croyez qu’il ne les aime pas, les jeunes ? Rien à voir : il voulait matérialiser une porte séparant ceux-là du monde pro, une porte symbolique. Le joueur en formation doit vivre avec l’idée de traverser cette porte. En attendant d’y parvenir, il doit avoir le regard fixé sur la porte.
Et vous voulez que je vous dise quelque chose ? Les joueurs étaient heureux avec Sérgio Conceição. Pas un blessé grave les six mois qu’il est resté. On voudrait quoi ? Que le joueur traîne dehors toute la journée, qu’il voit des «copains» plus ou moins intéressés, qu’il rentre chez lui pour s’occuper de ses gosses pendant deux heures ? Quand j’expliquais ça aux entraîneurs avant de les embaucher, ils étaient d’accord. Mais après, dans les faits, non. »

 

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