Peut-on voir une grande équipe à Nantes ?

Et si la renaissance avait bien lieu ? Et si le petit espoir qui grandit dans le cœur des fans du FC Nantes à chaque performance des Canaris se concrétisait enfin? Et si Waldemar Kita réussissait enfin son pari ?

Depuis le passage de Sergio Conceição et l’arrivée de Claudio Ranieri sur le banc à la Baujoire, le FC Nantes s’est durablement installé dans la première moitié du classement. Et au-delà du bon bilan comptable, une impression plus que positive est donnée par le club. Des jeunes qui éclosent les uns après les autres, une atmosphère plus saine… Du coup la grande question pour tous les suiveurs du club est simple : le FC Nantes peut-il retrouver durablement les sommets ? Voici quelques éléments de réponse.

Le club a d’abord une stratégie post-formation unique qui porte ses fruits. C’est incontestablement la grande trouvaille du FCN. Alors que les écuries européennes achètent à coup de dizaines de millions d’euros des joueurs de plus en plus jeunes, le FCN a choisi une stratégie plus en aval. Le club se concentre sur la post-formation. En gros, cela consiste à repérer des talents qui ont une vingtaine d’années voire plus. Ainsi, Yacine Bammou, le virevoltant ailier, était avant de devenir joueur pro vendeur à la boutique… du PSG. Ce qui a eu le don de surprendre Leonardo, alors directeur sportif du PSG lorsqu’il l’a vu sur la feuille de match.
On peut citer de nombreux autres exemples ces dernières années, comme Issa Cissokho ou Papy Djilobodji, passé ensuite par Chelsea, preuve que les canaris l’avaient bien relancé. Le responsable Matthieu Bideau explique dans cet article le potentiel de la post-formation. En effet, les deux derniers meilleurs joueurs de Premier League, Ryad Mahrez et N’Golo Kanté sont eux-mêmes des produits de la post formation. Vous rajoutez à cela des purs produits de la Jonelière, le centre de formation mythique, comme Valentin Rongier, et cela vous donne de nombreux très bons joueurs à petit prix.

Action_LaBeaujoireNantesvsASSE11nov2006

Photo, by Manuel, CCAS 2.0

L’équipe comprend aussi un entraîneur de haut niveau. Plusieurs entraîneurs de haut niveau devrait-on dire. Car le tournant s’est produit avec l’arrivée de Sergio Conceição la saison dernière. De nouvelles techniques de management sont développées dans les universités portugaises et vous le noterez, de nombreux grands entraîneurs sont lusitaniens : Jardim, Mourinho, André Villas-Boas…. Ces derniers s’inspirent de ces travaux universitaires de gestion d’un groupe. Sergio Conceição a indiscutablement donné au FCN une nouvelle dimension. Claudio Ranieri, successeur du Portugais lorsque celui-ci fut débauché par le FC Porto, a amené autre chose, à savoir la culture et l’expérience du haut niveau. On peut également mentionner son incroyable faculté à anticiper le jeu de l’adversaire. Un peu comme le super champion de poker Bertrand « ElkY » Grospellier.
Cette caractéristique doit normalement emmener les Canaris vers des victoires de prestige. Même si ce n’est pas encore le cas, la prestation contre le Paris-Saint-Germain inspirant à Raymond Domenech l’expression de double bus devant le gardien, ce qui de sa part, ne manque pas de saveur.

Une stratégie de retour vers les sommets est de ce fait envisageable. Post-former des joueurs pour ensuite réaliser quelques ventes substantielles, mais surtout repuiser dans ce vivier afin de ne pas trop affaiblir l’équipe. Ajoutez à cela la patte laissée par des entraîneurs de haut niveau. L’un est sensé stimuler l’autre, car les joueurs qui arrivent pour finir leur formation progresseront plus vite au contact d’un grand technicien.
Et chaque fan des Canaris se met à rêver d’une nouvelle génération Ouedec Pedros N’Doram, et d’un retour dans le dernier carré des Coupes d’Europe. Car le FC Nantes est un grand club.

 

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